La lutte chez les « hommes moyens » : un objet volé non identifié

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« Non seulement les chiffres nous gouvernent, mais encore ils montrent comment le monde est gouverné. »

GOETHE

C’est en échos aux échecs des « marrées populaires » qui devaient inonder les rues d’une grande partie du peuple en colère et chanter, crier au « Président des riches ! ». En même temps, les galeries des temples du « shopping de destination » connaissaient un raz-de-marée  hebdomadaire d’homme moyen, animé par les désirs de  jouir de l’été qui approche, au contraire des rassemblements syndicaux désertés. L’on résumerait par : « Jouir est préférable à la lutte ». L’on entend d’ici les réponses des Français à la question « vous sentez-vous proches des revendications de la marée populaire ? », « Oui, bien sûr, mais à quoi bon ? », « Je les soutiens, c’est eux  qui ont raison, mais malheureusement il ne faut pas se leurrer. ». Un cynisme populaire signe du caractère des gentils, domestiqué par la puissance homogénéisatrice des statistiques morales et des lois du Grand Marché.

La fabrication librement consentie de l’ « homme moyen »

Qu’est-ce que l’idée d’homme moyen ? Dans l’esprit de certains mathématiciens l’homme est un animal entièrement déterminé par des lois physiques, à la façon dont les objets sont eux-mêmes régis par des lois, révélées par l’existence de moyenne parfaitement stable. Sur cette idée, l’on peut calculer les hommes, physiquement – poids, taille, déplacements, etc. – mais aussi moralement – idées, principes, comportements, etc. La physique sociale  est née. Désormais, nous sommes seulement des objets qui pensent, réagissent, se déplacent selon des lois physiques et morales qui régissent notre quotidien. Nos comportements sont ainsi enfermés dans des résultats statistiques puis dans des moyennes, créant un animal mathématique : l’ « homme moyen ».

En résumant ainsi une société, l’ « homme moyen » n’est qu’un amas de chair et d’os destiné à servir des lois physiques universelles. Il n’est qu’un chiffre noyé dans une plus grande équation. Quelle arme formidable les sciences ont offerte à quiconque souhaiterait voir les hommes devenir des domestiques. Les mathématiques sociales ont offert un puissant instrument aux Commandants, à ceux qui souhaiteraient canaliser l’énergie de ces « hommes » vers une règle universelle : consommer.

Désormais, il faut tout mettre en œuvre pour fabriquer des masses d’ « homme moyen » qui agissent selon des règles édictées et qui ne s’en détachent jamais. Comment faire ? Comment fabriquer massivement cet animal mathématique ? Facile : utiliser les statistiques morales pour créer l’opinion et édicter les commandements. Dites leurs ce que l’ « homme moyen » pense et ils s’y conformeront. Ainsi, notre quotidien est bercé par la radio, les journaux, la télévision, l’enseignement, les études, la publicité, autant d’outils qui produisent et diffusent le monde merveilleux de l’ « homme moyen », un monde sans caractère, homogène et passif.

Alors ne soyez pas surpris si les velléités de lutte et de résistance soient noyées dans le grand bain de la consommation. L’ « homme moyen » ne lutte pas, il obéit.

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