Osez le musée ! Abandonnez la culture !

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Contexte : Françoise Nyssen, ministre de la Culture, annonce les lauréats de la première édition du prix annuel « Osez le musée, (…) qui distingue les musées (…) qui  contribue à accompagner et valoriser l’évolution du rôle social des musées répondant ainsi aux attentes de nos concitoyens et de tous les publics. »

Remplir des musées hors de prix, déficitaires, en les transformant en centre aéré, en parc d’attractions où le silence exigé pour apprécier l’art est rompu au brouhaha des publics consommateurs,  – au musée comme au cinéma – est clairement la marche adoptée par notre art d’État. Désormais, nous nous baladons dans des œuvres virtuelles, les salles sont animées par de grands écrans semblables au cinéma, des enceintes rompent le silence exigé à l’art, autant d’artifices dessinant les contours de la « novculture » française.

Démocratiser la culture : du l’art et du cochon

Le monde français de la culture d’État veut rapprocher les musées des attentes de tous les publics. Ils veulent démocratiser la culture. Que signifie démocratiser ? Rapprocher du peuple. Au contraire de la haute culture qui tire les hommes vers le haut et nous oblige à la discipline de se concentrer pour apprendre, cette « novculture » se rapproche du peuple pour lui plaire. Plutôt que la culture ne nous oblige, elle nous flatte. Alors pour imaginer l’avenir de la culture dessinée par nos fonctionnaires il nous suffit de se poser la question : comment plaire à tous les publics ?

L’artiste « cinéma », peint la scène

Le 7ème art est un bon exemple d’un objet culturel largement consommé par tous les publics. Pour plaire, les musées emprunteront aux techniques de séduction développée par le cinéma. Imaginaire volé, son et image créant artificiellement des sentiments associés, attitude passive de simple consommateur, publicité, et tout autre moyen capable de mettre sur pause l’esprit curieux, imaginatif et critique, caractéristique d’un esprit vivant.

« Vivre à son gré est plébéien ; le noble aspire à l’ordre et à la loi. »

Goethe

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